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SIMPLICITÉ: MANQUE DE SÉRIEUX OU PLEINE PUISSANCE?


Il est un constat devenu évident dans le monde du travail: nous nous sommes installés dans l’ère de la complexité.


Qu’il s’agisse des systèmes, des process, des éléments de langage, des relations…tout est devenu, à de rares exceptions près, extrêmement complexe.


J’ai pourtant 25 années d’expérience en entreprise en tant que formatrice, commerciale et manager et lorsque je parcours les offres d’emplois ou certains profils professionnels, pour nombre d’entre eux, je n’en saisis même plus les intitulés ni les descriptions de postes. Je ne comprends tout simplement pas ce qui est devant mes yeux!

Moi qui suis pourtant anglophone et anglophile, je trouve, allez j’ose, assez ridicule cette utilisation généralisée de mots empruntés à la langue anglaise, qui n’apportent rien, strictement rien au contenu et qui ne font que complexifier une forme et un propos manquant déjà de clarté.

Les français ayant certaines difficultés à apprivoiser la langue anglaise pour différentes raisons, pourquoi en rajouter lorsque ce n’est pas nécessaire?


Ce n’est qu’un exemple, je pourrais en citer beaucoup d’autres et je trouve que c’est inquiétant.

Inquiétant parce cela démontre un manque cruel et dangereux de compréhension des enjeux et même, un certain aveuglement.

Nous nous obstinons depuis trop longtemps dans une direction qui n’est pas la bonne et au lieu de rectifier la trajectoire, nous accélérons toujours plus, espérant retrouver ainsi notre chemin…


Alors…comment et pourquoi nous sommes-nous égarés vers de telles dérives?

Comment et pourquoi nous sommes-nous à ce point éloignés de nous-mêmes et de nos besoins fondamentaux?


Est-ce un gros mot de parler de besoins fondamentaux au travail?

Est-ce un gros mot d’y parler de simplicité?

J’en ai bien l’impression…En tout cas, ces deux principes y sont trop rarement pris au sérieux.


C’est pourtant justement, très précisément à cet endroit que nous faisons fausse route.

Faisons appel à nos sens et prenons deux exemples, l’un culinaire et l’autre musical:


- les meilleurs plats sont toujours les plus simples: lorsque les produits de base sont qualitatifs, il n’est pas nécessaire d’y ajouter beaucoup d’ingrédients (sauf bien, sûr, si la recette elle-même l’exige). Une recette simple, de bons produits et le talent qui s’exprime suffisent à pleinement régaler nos papilles de leur saveur et à laisser une empreinte…


- les plus belles chansons sont également les plus simples. Une bonne composition ne demande pas toute un panoplie d’arrangements en soutien. Une voix et un instrument suffisent à nous émouvoir, à nous toucher droit au coeur avec une puissance phénoménale, lorsque l’interprétation est mue par une totale authenticité…


Là encore, ces deux exemples sont déclinables à l’infini…

Pourquoi donc le monde du travail devrait-il y faire exception?


Il me semble que cette complexité chronique et un brin maladive prend sa source dans un grand sentiment d’insécurité.

Car en effet, lorsque l’on a confiance en soi, conscience de sa valeur, de la valeur de son produit, de son service…il n’est pas nécessaire d’y ajouter mille artifices…

Et il n’est certainement pas honteux de manquer de confiance. C’est un sentiment que nous ressentons tous!! Différemment…mais ab-so-lu-ment tous!!


La solution alors ne serait-elle tout simplement pas d’oser se l’avouer…?


Oser se dire à soi-même « je ne suis pas en confiance », « je ne me sens pas en sécurité », « j’ai peur ». Oser cela est une grande marque de courage, de respect, de considération et d’amour envers soi…


Puis se poser les bonnes questions, parce qu’installer de la complexité sur un manque de confiance et de sécurité ne rassure absolument pas. Elle a même un effet inverse, on le sait bien.


Alors…commencer à sortir de ce paradoxe où nous mettons en place des systèmes individuels et collectifs qui sont tout simplement à l’opposé de nos besoins fondamentaux.

Petit à petit, pas à pas, chacun à son rythme. Mais commencer.

Parce que les conséquences sont dramatiques: le coût humain et sociétal d’une obsession de performance qui va à l’encontre des êtres que nous sommes est considérable, nous le constatons chaque jour avec un nombre de burn-out, bore-out et j’en passe, qui ne cesse d’augmenter…alors qu’on n’a jamais autant parlé de « bonheur au travail"!!

Par ailleurs, l’illusion ne dure qu’un temps…


Alors…la simplicité, pas sérieuse?? Vraiment??


Allégeons-nous. Cessons de nous égarer.

Revenons à l’essentiel. Revenons à nous.


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